Ordonnances : repenser les deals

Depuis 2008 déjà (voire 2004 sur certains points), le vieux principe de faveur vivait déjà ses derniers instants : En effet, comment inciter des employeurs à négocier, alors que tout ce qu’ils pouvaient obtenir, c’était « pire » que ce à quoi ils étaient déjà obligés ? Et comment inciter des syndicats à la responsabilité et la créativité, alors même qu’ils n’avaient rien à « offrir » à leur partenaire ?

La Loi Travail hier, et les ordonnances aujourd’hui, assument. Elles permettent désormais de s’affranchir de la plupart des obligations de branche, hormis 13 sujets, strictement énumérés. Enfin, (presque) tout est négociable, sauf quelques points qui ne le sont pas. Le deal doit devenir la règle : « Oui si », plutôt que « non ».

Une prime d’ancienneté qui crée mécaniquement du GVT et empêche de pratiquer une politique de rémunération efficace ? discutable. Des indemnités de trajet obligatoires et chargées, là où une politique générale de valorisation des temps de déplacement pourrait être repensée ? discutable. Une prime de vacances désormais soumise à des conditions de planification de CP, contre son augmentation potentielle ? possible. Une baisse de la majoration des heures supplémentaires, contre une garantie d’en faire plus ? envisageable.

Les combinaisons sont infinies et ne demandent qu’à être inventées.

Pour les PME, la possibilité de négocier désormais tous les sujets avec votre CSE doit vous inciter à cette imagination. Si vous ne le faites pas, votre concurrent, à côté de vous, le fera…